ReuSup - Réussir dans le supérieur : un accompagnement sur mesure

Tutorat ; autonomie ; motivation ; réussite ; pairs
Formations concernées : Cycles préparatoires intégrés Cycle ingénieur (L1, 2 et 3)
Nombre d’étudiants : 300
Période d’expérimentation : 2018-2020.

 

Contexte – Objectifs du projet


En classe préparatoire autant qu’en 1ère année du cycle ingénieur, un bilan de début d'année montre que les étudiants peinent à trouver le bon rythme et éprouvent des difficultés à se mettre au travail assidu et régulier, gage de réussite. Ces difficultés se traduisent parfois pour les étudiants en classes préparatoires par des abandons dès les premières semaines compte tenu des exigences et rythme imposés en 1ère année du cycle ingénieur par des échecs aux premières sessions d’examens.
Partant de ce constat, le projet ReuSUP consistait à améliorer et étendre un dispositif d’accueil des nouveaux étudiants à l’Ecole Nationale Supérieure de Chimie de Rennes (ENSCR). L’enjeu pour les enseignants était de construire des ressources pluridisciplinaires et transversales pour renforcer les acquis des étudiants indispensables à l’apprentissage de nouvelles connaissances. Il s’agissait aussi pour les enseignants des classes préparatoires de construire des outils pour améliorer la transition entre le lycée et le supérieur et pour les enseignants du cycle ingénieur de personnaliser les accompagnements proposés aux étudiants. Pour les nouveaux étudiants, il s’agissait de prendre conscience de leurs lacunes et gagner en autonomie et efficacité dans leur organisation. Pour les étudiants tuteurs, l’enjeu était double : d’une part faire profiter l’étudiant novice de son expérience tout en partageant les mêmes conditions de travail, d’autre part le tuteur pouvait approfondir ses propres connaissances en enseignant ou en accompagnant les plus jeunes.
Le projet avait donc pour objectif de mieux préparer les nouveaux entrants aux exigences requises en école d’ingénieur que ce soit en cycle préparatoire intégré ou en cycle ingénieur :

  • En classe préparatoire une « semaine d’accélération scientifique » et un module « Réussir dans le supérieur » ont été mis en place à partir de 2015 : le projet a pour but d’améliorer ce dispositif d’intégration en première année du cycle préparatoire et d’intégrer dans la démarche la participation active des étudiants de deuxième année (sous forme de tutorat des étudiants de 2ème année pour les 1ère année)
  • En 1ère année du cycle ingénieur, il s’agissait de s’appuyer sur l’expérience menée en classes préparatoires pour étendre un dispositif déjà existant en soutien en mathématiques. Une enquête vise à identifier les matières qui nécessitent une mise à niveau afin de développer un parcours d’intégration plus complet.
     
Mise en oeuvre pédagogique


Le dispositif a pu être mis en oeuvre selon le calendrier prévu. En classe préparatoire, des séances d’études tutorées par les deuxièmes années ont été mises en place au profit des étudiants de première année (1h20 par semaine, avec une dizaine de tuteurs). Environ 20% des étudiants assistent à ces séances. Les enseignants ont produit des cahiers de TD avec des exercices et leurs corrections, donné aux tuteurs pour qu’ils puissent les travailler avec les étudiants. Les étudiants bénéficient également d'un soutien sur les méthodes de travail.
En outre, des cours de soutiens ont été mis en place par des enseignants (5-6 séances, présence de 27 étudiants) pour le cycle ingénieur. Ces séances ont été constituées après la réalisation d’une enquête auprès des étudiants de première et deuxième années (50% de réponses) pour identifier les besoins : il en est ressorti que l’aide devrait porter en priorité sur un cours en particulier (la chimie organique).

Novembre 2018-Décembre 2018

  • 1er temps : Faire l’état des lieux de l’existant en réalisant une enquête auprès des premières et deuxièmes années des classes préparatoires et du cycle ingénieur, sur l’évaluation de l’existant en corrélation avec les difficultés rencontrées par les étudiants et leurs attentes vis-à-vis des équipes pédagogiques.
  • 2ème temps : Traitement des résultats et discussions croisées classes préparatoires et cycle ingénieur.

Janvier 2019-Février 2019

  • Suite à l’enquête, identifier les savoirs fondamentaux nécessitant un approfondissement et les méthodologies de travail manquantes.

Février2019-Avril2019

  • Planifier la semaine d’accélération scientifique en y intégrant le « tutorat » des étudiants.
  • Déterminer le calendrier des séances en cycle ingénieur.
  • Rédiger des tests de positionnements pour le cycle ingénieur, et définir les contenus disciplinaires prioritaires de la semaine d’accélération scientifique en lien avec les objectifs.

Avril 2019-Juin2019

  • Production des contenus en équipe pluridisciplinaire.

Septembre 2019

  • Semaine d’accélération scientifique et positionnement des étudiants de 1ère année pour définir les groupes de l’année. Recruter des tuteurs en 2ème ou 3ème année pour le cycle préparatoire.
     
Acteurs concernés


Le projet a bénéficié du soutien d’une ingénieure pédagogique (Amélie Josse puis Pauline Lorcy) qui a occupé un rôle central, d’autant plus que l’enseignant porteur du projet n’avait pas de responsabilités pédagogiques dans l’établissement. Ce soutien s’est fait tant sur les questions relatives à l’innovation pédagogique que numériques (utilisation de Moodle).
La participation des étudiants tuteurs s’est faite naturellement simplement en raison d’un soutien informel déjà présent entre les différentes années de l’école.
Le projet a également bénéficié de l’implication de plusieurs enseignants.
ReuSUP a, enfin, bénéficié du soutien de l’établissement, l’approche en mode projet étant déjà largement développée en cycle ingénieur sur de nombreux thèmes : les projets hygiène et sécurité des entreprises (HSE), projets TICE, projets (event-based learning) dénommés « Innov’Chem », dédiés à l’innovation et l’entrepreneuriat, entre autres. D’autre part, l’établissement a souhaité également mettre en place des cours hybrides combinant le présentiel et le distanciel sur la base des classes inversées pour les étudiants du cycle ingénieur en les sensibilisant à la culture du numérique. L'école a inscrit dans son projet stratégique 2017-2021, la volonté de continuer en ce sens à accompagner les différentes initiatives de pédagogie active pour répondre et s’adapter aux attentes des nouveaux apprenants dans les 2 cycles de la formation.
 

Bilan et évaluation du projet


La réalisation d’un questionnaire d’évaluation « post-soutien » devait être constitué mais n’a pu être mené à bien en raison de la situation sanitaire.
Il avait toutefois été envisagé que, compte tenu des objectifs exprimés, une diminution des situations d’échecs inhérentes aux études supérieures et liées aux difficultés et démotivations des élèves en première année des classes préparatoires traduirait (hors réorientation choisie) la réussite de ce programme de même que la baisse du nombre d’étudiants aux examens de 2nde session en 1ère année du cycle ingénieur. Dans les faits, moins d’étudiants ont raté l’examen depuis la mise en place du projet qui est donc a priori satisfaisant. Les enseignants ont également noté moins de fautes « grossières », qui seraient potentiellement liées à un décrochage, lors des examens.
Le projet a permis une augmentation des échanges entre collègues sur les questions pédagogiques, à l’occasion de différentes réunions en compagnie de l’ingénieure pédagogique.
Une limite du projet est que la classe internationale (25% de l’effectif) n’a pas profité du système au même titre que les autres.

  • Leviers : quels ont été les leviers pour conduire le projet ?
    • La mise en place d’heures équivalent TD associées au projet : cela a motivé les enseignants impliqués dans le projet
    • Les enseignants étaient également motivés car ils voyaient l’intérêt du projet notamment à la suite de l’enquête réalisée auprès des étudiants
    • Le rôle joué par l’ingénieure pédagogique notamment dans l’organisation du projet et la tenue du calendrier
    • La participation des étudiants
  • Freins : y a-t-il eu des freins au bon déroulement du projet ?
    • La difficulté à inclure dans l’emploi du temps les séances préalables aux cours de soutien pour réaliser les tests.
    • La mise en place du distanciel en raison de la situation sanitaire en 2020/2021 a rendu le soutien plus difficile à mettre en oeuvre, même si les tests ont pu être réalisés sur Moodle.
       
Perspectives / essaimage


Le projet a fait l’objet d’une présentation lors de l’assemblée générale de l’établissement. Les dispositifs ont été pérennisés.